animaux bonnet de nuit

333 Epistre dedicatoire du premier livre que je feray. 183 LIVRE SECOND 215 Historiette de Charroselles, de Collantine et de Belastre. 24 septembre 1644. 270 Lettre de Belastre à Collantine. Il en est de mesme des proces de Collantine et de Charroselles: ils ont tousjours plaidé et plaident encore, et plaideront tant qu’il plaira à Dieu de les laisser vivre. Bon, bon, regagnons notre logis, car je suis, trempé; et je sens qu’il est temps de changer de vêtements. Du théâtre à l’emporte pièce, qui fait de la gymnastique du côté de la mythologie ou, guignol de la cour, croque la caricature d’un médecin célèbre au temps de Molière. Depuis le temps qu’ils crapahutent un peu partout, et malgré les tombereaux d’honneurs récoltés, le but des gens du Footsbarn n’a jamais été et ne sera jamais de triompher comme d’autres sur la scène du Châtelet. 312 Somme dedicatoire. 317 Estat et role des sommes auxquelles ont esté moderement taxées, dans le conseil poétique, les places d’illustres et demy-illustres, dont la vente a été ordonnée pour faire un fonds pour la subsistance des pauvres autheurs. Le français de Molière apparaissant bizarrement comme l’espéranto incongru de cette troupe cosmopolite puisque comptant, outre un fonds de sauce anglais de souche, des ingrédients (acteurs, musiciens, techniciens) ajoutés au fil des tournées: un Indien, une Polonaise, un Danois et quelques Frenchies.

Non seulement parce que Molière est leur pote, mais aussi parce qu’un spectateur, franchouillard furibard, au sortir de leur Roméo et Juliette, s’était écrié: «Faites ce que vous voulez avec Shakespeare, mais ne touchez pas à Molière.» Ils ne le touchent pas, ils l’embrochent comme une volaille sauvage, le tripotent comme un grigri et lui chatouillent les pieds avec ce brin d’herbe qu’est, dans leur bouche, leur accent anglais à couper au couteau de boucherie. Dans les villes, la troupe souhaite aller de quartier en quartier. Le cocktail exact pour jouer le Sicilien, qui fait cohabiter un Sicilien, donc (jaloux comme un Turc), une Grecque, un gentilhomme français, un sénateur, une troupe d’esclaves, une autre de Maures, quelques amoureux et autres laquais. Un léger rideau écru active le jeu des entrées, des sorties et des apparitions, un rideau coulissant le long d’un fil de fer sur lequel, tout à l’heure ­ alors que l’on aura invité le public à se déplacer derrière le décor ­, évolueront les acrobates de la troupe du Sicilien, où musiciens et chanteurs sont souvent aux fourneaux. Sans rien dire, l’Indienne recula d’un pas; mais le feu de ses prunelles s’était adouci. Entre deux rafales, l’Indienne examina le lieu où elle se trouvait.

Comme elle inaugurait la réouverture de la navigation, on l’avait pavoisée de cent flammes et banderoles aux couleurs de l’Union américaine. Le charme de ces trois Molière ­ pour le prix d’un ­ doit beaucoup à la magie du dispositif mis en place pour ce théâtre ambulant, et avec lequel le Footsbarn pourra jouer d’autres spectacles aux champs. «Il faut pour cela un espace calme», dit le dossier technique, un champ, une place de village ou un parc municipal font l’affaire. Venus d’Allemagne, d’Angleterre, du Danemark, du Burkina Faso, d’Indonésie ou de Russie, tous convergeront vers le caravansérail d’Hérisson, véritable village mondial du théâtre local. Lire aussi: les Cahiers de la Drac Auvergne, «Le théâtre en campagnes», avec notamment un article concernant le Footsbarn. Non, ils sont venus avec deux camions, décharger à ciel ouvert sur l’herbe d’un pré les planches d’un vieux rêve: celui d’un théâtre ambulant léger comme une brise du soir.

On ne doit pas perdre de vue qu’à cette époque, le bassin du lac Supérieur, sans communication autre que celle de la rivière Sainte-Marie avec le continent américain, était un vrai pays perdu, tout à fait sauvage, d’un avenir très-problématique. C’est là que, du 4 au 8 septembre, ils fêteront leurs vingt-cinq ans d’errance avec deux cents artistes amis dont beaucoup ont fait un bout de chemin avec eux avant de suivre leur propre route. Il s’agissait, non pas de l’achat tel ou tel territoire, comme a fait Penn sur les bonds de la Delaware, comme le font encore aujourd’hui plus ou moins furtivement les Américains, mais d’une sorte d’annexion politique, consentie librement par le suffrage universal. André, s’étant muni d’une corde à noeuds, l’Écorché lut sur son carnet: RÈGLEMENT DES APOTRES § DISCIPLINE ART. V.–Sera puni de vingt-cinq coups de fouet ou de corde tout homme qui s’enivrera une première fois, durant le service; de cinquante la deuxième fois, bonnet de nuit de mort la troisième. Elle donne deux vigoureux coups de pagaie, se porte à la crête d’une vague haute comme une colline, y maintient adroitement son esquif, arrive à dix pas de la berge, et au moment où la vague qui l’a amenée va se retirer, elle abandonne son canot pour sauter dans l’eau, et s’accroche, avec l’énergie du désespoir, à une roche erratique, empâtée dans le sable du rivage.